L'Europe perd du terrain, même sur les préservatifs
Un signal fort pour toute l'industrie : l'affaire CPR GmbH, ex-plus grand fabricant allemand de préservatifs en Europe, avec plus de 210 millions de préservatifs produits par an — soit environ huit préservatifs par seconde.
En 2022, l'usine allemande a déposé le bilan, victime indirecte des sanctions contre la Russie depuis le conflit en Ukraine : 25 % de sa production était exportée vers ce marché. Privée de débouchés et incapable d'adapter rapidement ses circuits, l'entreprise a sombré.
Un cataclysme dans le milieu : des marques allemandes, australiennes et françaises ont dû trouver rapidement des solutions. Le groupe qui possède Skyn et Manix a rebondi en rachetant une usine en Espagne, mais la production de son produit phare a été interrompue plusieurs mois, générant une rupture de stock.
La production annuelle de préservatifs en Europe était estimée à environ 500 à 600 millions d'unités — un chiffre largement inférieur à celui des principaux fabricants asiatiques, comme Karex en Malaisie, qui produit à lui seul plus de cinq milliards de préservatifs par an.
Nous nous protégeons en France avec des marques britanniques ou australiennes, fabriquées en Asie. Depuis dix ans, de petites marques françaises arrivent et disparaissent sur ce marché de niche, qui nécessite des investissements importants en communication. Le marché français représente environ 110 millions de préservatifs par an, avec plus de 70 % pour Durex, Skyn et Manix réunis.
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